Christian Pélissier

Comédien, auteur, metteur en scène.

ruy blas 1

Pas loin de soixante-dix pièces dirigées entre autres par Jacques Rosner, Jacques Rampal, Armand Gatti, Jacques Mauclair dont dix-sept spectacles montés par Pierre Orma. Parmi ses rôles principaux, retenons Sganarelle dans Le Médecin malgré lui, Caliban dans La Tempête, Hamm dans Fin de Partie, Monsieur Faure dans Naïves Hirondelles, Triboulet dans Le Roi s’amuse. Et depuis on l’a vu à Paris, en province et dans un bon nombre pays de notre bonne vieille planète dans «Le pont de San Luis Rey», «En attendant le Songe», «Somewhere… la Mancha», trois spectacles mis en scène par Irina Brook.

Egalement clown. Il a mis en scène une quinzaine de pièces sur Paris et en Province et une comédie musicale. Y compris deux de ses pièces.

En doublage il prête régulièrement sa voix dans des fictions, des jeux et des dessins animés… entre autres pour celle du Capitaine Haddock.

Quelques tournages. Il a dirigé un Atelier Théâtre et fait toujours des interventions et des stages.

 

Intentions du metteur en scène

  L’enthousiasme de Joëlle Champeyroux et notre complicité nous ont poussés à travailler plusieurs fois ensemble. Et quand, enthousiaste, elle qui m’a demandé de monter ’’Ruy Blas’’, bien sûr, je n’ai pas pu refuser… Bien sûr.

Je me dois donc de tenter, comme metteur en scène, le même pari que Victor Hugo : celui de la jeunesse face à un monde vieux, à bout de souffle, égoïste.

Obsolète. Cette jeunesse qui doit conquérir sa place, bousculer les préceptes surannés, les carcans et les cupidités injurieuses envers le peuple qui n’a même plus le courage de geindre sous les bastonnades de la misère et du mépris.

J’avais coaché des comédiennes/comédiens sur les personnages lors d’une mise en scène d’un ami. Je connaissais (pas trop mal) la pièce et puis Victor Hugo a le souffle Wagnérien qui donne de la chair, du muscle aux affrontements dévastateurs ou caressants. Mon empathie pour le comique dans son quatrième acte m’attirait, moi qui repousse, dans les drames, le drame lui-même en ne le laissant éclater que lorsqu’il est là. Vraiment. Comme un refus d’une dramaturgie emprisonnée dans une anticipation qui habillerait de convenu, d’attendu, toute la pièce. Et Hugo nous offre les occasions de ne pas estampiller Ruy Blas ’’drame ’’ avant la fin.

Tous les personnages et les moments sont paroxystiques dans la cupidité, la vengeance, l’amour, la drôlerie, la violence, la perversité, la rapacité. Tout doit être joué à fond avec ce qu’il faut de force, d’abandon, de jubilation, de grandeur et de petitesse, de subtilité et ‘‘d’énorme’’. Le pire se mêle au meilleur du rire, l’amour à l’atrocité vengeresse, le meurtre au sacrifice de soi et la spoliation à la générosité du coeur.

Ce sont les cris intérieurs, les rires, le machiavélisme et l’indignité et l’amour qui habillent ces âmes lumineuses, dangereuses, ambitieuses, calculatrices qui ont tous les accents de l’humanité. Cette jeunesse soumise aux obligations de sa charge, cette innocence qui hurle sous les tortures de la machination implacable, la liberté mise en cage, la folie et la sagesse gémellaires, le sublime et le plus abjecte, la lumière et les ténèbres et le verbe immense de Hugo nous emportent dans cette vertigineuse aventure humaine.

Un metteur en scène ne peut être que prodigue de propositions en mettant ce texte en chantier… surtout lorsqu’il envisage de travailler avec un groupe de cette qualité. Ces magnifiques rencontres seront les piliers de la mise en scène, car sans talent le jeu n’est que gesticulations de l’âme comédienne.

Mon ambition est de montrer, de mettre en vie, déguisés, violents, sans défenses, caressants, drôles, insouciants et martyres tous ces personnages, dont

les émotions seront palpables et partageables…

Oui, c’est à ce spectacle ’’Hugolien’’, plein, vrai, que j’ai l’ambition de convier ce qui est le moteur de notre métier : le public. Vous.

Et tout cela dans la jubilation du jeu.